Notre 1er jeudi Bonne Bouffe chez les Philosophes, resto bistronomique réputé mais surcoté

Les Philosophes

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Les fameux Jeudi Bonne Bouffe, notre tour de table des tables les plus réputées de la capitale ont pris leur envol ce jeudi 2 Mars 2017. La 1ère place gastronomique parisienne où notre bande de joyeux drilles a pris place fut le restaurant bistronomique de Xavier Denamur, pompeusement nommé « Les Philosophes ». De philosophie il ne fut point question, sauf si l’on considère que la gastronomie est un art qui fait philosopher les gourmets sur la bonne chère l’esprit léger. En tout cas ce très sympathique bistrot maraisien est un endroit idéal pour démarrer sereinement sa soirée un jeudi. Retour en arrière sur cette soirée culinaire :

Une arrivée en fanfare

Les Philosophes est le vaisseau amiral d’une flotte de 5 restaurants bistronomiques implantés au cœur du Marais, propriétés du très médiatique Xavier Denamur, pasionaria de la restauration de qualité, celle qui ne jure que par le frais et le fait maison. Son concept de bistronomie est censé  proposer la qualité gastronomique au prix et dans une ambiance bistrots : chez Bonne Bouffe on adhère à 100% au projet !

La tête de gondole de sa flottille bistronomique a fière allure et nous donne tout de suite l’agréable avant-goût d’une soirée qui sera réussie. J’arrive à pied avec Marine en provenance du bucolique 5ème pour trouver déjà attablés en terrasse Max, alias Papi, Romain, le bien nommé Kiki, et Damien, le surnommé Damoule. Ces 3 joyeux lurons ont bien évidemment lancé les hostilités nocturnes du jeudi avec une bière, probablement un besoin pressant d’hydratation éthylique après un début de semaine sobre (c’est faux à l’évidence pour deux d’entre eux). Sans hésiter nous les accompagnons dans ce rituel du jeudi soir : déguster une bière en terrasse, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente ! A peine le temps d’une gorgée qu’arrive en trombe le reste de la troupe guidée par une mannequin nordiste, l’angélique Emma accompagnée de l’ingénieuse Laura et d’un couple de photographes très bien assorti, Alice et Servan.

Pressés par un serveur un brin trop pressé, nous finissons nos pressions pour nous presser autour d’une table au beau milieu d’une salle pleine à craquer, remplie de touristes émerveillés à l’idée de goûter à la « gastronomie » à la française…

Quel fut notre étonnement une fois la carte ouverte : le choix proposé est incroyablement varié pour un restaurant bistronomique… Une dizaine d’entrées, une dizaine de plats, une dizaine de desserts ! Logiquement, un restaurateur qui ne propose que du frais et du fait maison ne peut se permettre de proposer une telle multitude de plats à ses clients. A l’évidence pour ne faire que du frais il faut limiter sa carte à quelques plats (plus ou moins 3) car le frais ne se conserve pas comme la conserve ou le surgelé. CQFD. La suite légitimera notre étonnement…

Mais où est donc la gastronomie ?

Ainsi cette carte encore plus variée que celle d’un Flunch nous a permis à tous de s’essayer à des plats aussi divers et variés que le sont nos envies et nos personnalités :

Une salade thaï quelconque pour Laura et Emma car ce sont de jolies filles piquantes soucieuses de leur taille de guêpe. Leur amour du luxe leur avaient auparavant fait goûter à un foie gras mi-cuit à peine correct sur des toast brûlés.

En revanche, Servan a eu une bonne expérience avec le plat du jour, une assiette bien remplie de poulet curry basmati lentilles, bien cuit et super bon en sauce.

Max a été également été satisfait de son choix, une andouillette qu’il a pourtant entamée d’un coup de fourchette hésitant. Cette préparation de tripes de porc ne fait pas dans la demi-mesure : soit elle met au supplice les tripes soit elle comble les amateurs de tubes digestifs porcins. Finalement ce joueur de poker invétéré aura fait le bon pari et remporté sa mise.

Quant à Marine, son amour des animaux l’a orientée vers un caviar de betterave aigre doux qui s’est avéré excellent. En revanche, cette girouette s‘est ensuite reniée en optant pour un poisson assassiné par la main l’homme : mal lui en a pris puisque le saumon fut trop gras…

Damien, en bonhomme raisonné qu’il est, a fait le choix sûr d’un filet de bœuf qui s’est avéré « magique », à l’inverse de l’accompagnement qui fut fade.

Enfin, Kiki et moi, en bons épicuriens amateurs de cuisine simple, avons fait le choix d’un bœuf bourguignon. Ce fut une déception. Loin de fondre dans la bouche, la viande caoutchouteuse était de piètre qualité… Que dire des légumes qui ressemblent plus à de la nourriture industrielle que du fait maison. Pour ma part, ce plat principal s’inscrivait dans la continuité d’une entrée au titre prétentieux (la « vraie » soupe à l’oignon gratinée) mais au goût peu fameux.

Finalement, cette carte au choix gargantuesque et donc suspecte nous a proposé une cuisine moyenne largement en deçà de nos attentes. Pour 40€ par tête – entrée, plat et boissons compris – le prix fut petit mais la déception fut grande.

Conclusion : on a la cuisine qu’on mérite

Je ne vais pas y aller par 4 chemins, je vais donc mettre tout de suite les pieds dans le plat : le si remuant Xavier Denamur, chantre de la bonne bouffe et de la restauration de qualité, me fait penser à François Fillon et me fait dire qu’au même titre que nous avons les politiques qu’on mérite, nous avons également la cuisine qu’on mérite. Ces deux parangons de vertu parlent beaucoup mais finalement ne joignent pas le geste à la parole…

Notre 1er Jeudi Bonne Bouffe, censé démarrer notre quête du Goût sous les meilleurs auspices culinaires fut donc un coup d’épée dans l’eau, un mirage, une tromperie portée par des avis d’ignorants pullulant sur la toile. Je ne puis être complice de cette cuisine factice et boire leur calice jusqu’à la lie, alors je le dis : les philosophes est une brasserie du même niveau gustatif qu’une cantine de lycée. 

Epilogue

Echaudés par cette fumisterie gastronomique, peut-être par le vin aussi (il fut très bon lui), on s’est levés de table avec l’envie d’en découdre autour de quelques verres, accoudés à un bar accueillant. Le choix s’est rapidement porté vers les Fontaines, un café situé en face de Beaubourg et présentant une synthèse de tout ce que nous cherchions : Chouffe après la bouffe ! Mais une fois arrivés, la vue d’un bocal contenant un certain contenu qui dérange l’esprit, un rhum arrangé en l’occurrence, de très belle facture à 1ère vue (couleur d’un brun trouble qui en fait un choix éclairé), nous fait changer d’avis. Gorgée après gorgée, cet alcool sucré met son sel dans notre soirée, et au fil des minutes, notre résolution de ne pas veiller tard ce soir s’évanouit à mesure que nos verres se vident…

Commence alors un pub crawling dont la deuxième étape nous est ardemment conseillée par Max : le Demory, le bar d’une brasserie “artisanale” parisienne. Surchauffés par l’ambiance et notre impatience, nous commandons des cocktails corsés, point de bières, on veut rentrer dans le vif du sujet. Finalement, à peine nos verres servis, les choses se corsent : Marine, victime de la Chouffe, commence à faire l’avion. Comme justement Emma doit prendre l’avion tôt le lendemain, nous reprenons nos esprits pour nous dire au revoir et spéculer l’esprit guilleret sur le lieu du prochain Jeudi Bonne Bouffe…Rhum Arrangé

One Reply to “Notre 1er jeudi Bonne Bouffe chez les Philosophes, resto bistronomique réputé mais surcoté”

  1. […] galop. Ouf, il s’agit là semble-t-il d’un véritable restaurant bistronomique nous proposant, au contraire des Philosophes, un menu au choix menu : 3 entrées et 3 plats, point-barre […]

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