Le Chef du Bordeluche est un Maestro dans l’Art de manier les Textures et les Saveurs

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Voici ma dernière trouvaille gastronomique : Le Bordeluche. Discrètement plantée dans la rue des Dames, ma ruelle préférée du 17ème, cette adresse est à la hauteur de son hôte, sans fausse note. Alors que le bas de la rue des Dames est parsemé de petits restos bobos, son haut est truffé de bars agités mais civilisés qui semblent parfaitement s’accorder pour une symphonie nocturne. Et le Bordeluche est au diapason de ce savoureux bordel.

Un déjeuner d’anniversaire

En ce vendredi gris dans ma tête, pourtant ensoleillé, le ciel continue de s’obscurcir. Une amie me pousse dans mes retranchements déjà bien tranchés par ma gueule de bois : elle me confie l’orga de son déjeuner d’anniversaire. Et comme toute parisienne qui se respecte, farouche, elle refuse mes deux premières propositions… Affecté mais combatif, je prends note et cherche à me mettre au diapason de ces exigences… Et soudain je tombe sur le Bordeluche et sa carte très alléchante teintée d’un peu d’humour. Mes nuages gris se dissipent, l’horizon s’éclaircit, je suis sûr de mon coup, elle me dira oui ! Et mon intuition fût la bonne, Géraldine est enthousiasmée…

D’entrée, une mise en bouche qui fait mouche !

Ah, ça faisait si longtemps que je n’avais plus vécu cette sensation de passion émerveillée, que ce soit au cinéma, dans un restaurant ou lors d’un rendez-vous galant.

A la vue des entrées servies délicatement, je sens un léger frémissement. Il me tarde de goûter ce bœuf en bouillon à la thaï !

Si l’adage dit que l’habit ne fait pas le moine, chez Bordeluche on ne triche pas, le goût est au niveau de l’habillage : une fois en bouche, la viande se déguste tendrement jusqu’à l’ultime bouchée. On cherche ensuite à prolonger le plaisir en buvant le bouillon jusqu’à la dernière goûte.

Ces encourageants préliminaires n’augurent que du bon pour une suite que j’espère royale.

Goût, texture, apparence : la trinité 

Galvanisé par cet avant-goût prometteur, j’attends avec impatience le plat du jour. Heureusement le service, très efficace, me soulage de toute attente frustrante et rapidement comble mes attentes : aux promesses de l’aube succède avec succès un rôti de veau rosé. Sa fraîche mine est une signature d’une fine cuisine. La magie opère. Mon électrocardiogramme sensoriel jusqu’alors plat bat de nouveau. Mes sens mis en éveil me sortent d’une léthargie post-jeudredi : la tendresse de la chair et le croquant des légumes, tels l’écume des jours, me réveillent d’une certaine somnolence, probable conséquence d’une nuit trop courte.

Après avoir terminé ce plat plein de reliefs, je comprends une chose : le Chef du Bordeluche ose les saveurs avec une belle prose

bordeluche paris

 

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