Le Chef du Bordeluche est un Maestro dans l’Art de manier les Textures et les Saveurs

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Le Bordeluche. Discrètement logé au bas de la Rue des Dames, voici le nouveau restaurant que j’ai découvert et dont je vais faire l’éloge, après qu’il ait mis à découvert des émotions que je croyais perdues.

Un déjeuner d’anniversaire

En ce vendredi ensoleillé mais gris dans ma tête, je broie du noir. Une amie me pousse dans mes retranchements déjà bien tranchés par ma gueule de bois : elle me confie l’orga de son déjeuner d’anniversaire. Et comme toute parisienne qui se respecte, farouche, elle refuse mes deux premières propositions… Affecté mais combatif, je prends note et cherche à me mettre au diapason de ces exigences… Et soudain je tombe sur le Bordeluche et sa carte très alléchante teintée d’un peu d’humour. Mes nuages gris se dissipent, l’horizon s’éclaircit, je suis sûr de mon coup, elle me dira oui ! Et mon intuition fût la bonne, Géraldine est enthousiasmée…

D’entrée, une mise en bouche qui fait mouche !

Ah, ça faisait si longtemps que je n’avais plus vécu cette sensation de passion émerveillée, que ce soit au cinéma, dans un restaurant ou lors d’un rendez-vous galant.

A la vue des entrées servies délicatement, je sens un léger frémissement. Il me tarde de goûter ce bœuf en bouillon à la thaï !

Si l’adage dit que l’habit ne fait pas le moine, chez Bordeluche on ne triche pas, le goût est au niveau de l’habillage : une fois en bouche, la viande se déguste tendrement jusqu’à l’ultime bouchée. On cherche ensuite à prolonger le plaisir en buvant le bouillon jusqu’à la dernière goûte.

Ces encourageants préliminaires n’augurent que du bon pour une suite que j’espère royale.

Goût, texture, apparence : la trinité 

Galvanisé par cet avant-goût prometteur, j’attends avec impatience le plat du jour. Heureusement le service, très efficace, me soulage de toute attente frustrante et rapidement comble mes attentes : aux promesses de l’aube succède avec succès un rôti de veau rosé. Sa fraîche mine est une signature d’une fine cuisine. La magie opère. Mon électrocardiogramme sensoriel jusqu’alors plat bat de nouveau. Mes sens mis en éveil me sortent d’une léthargie post-jeudredi : la tendresse de la chair et le croquant des légumes, tels l’écume des jours, me réveillent d’une certaine somnolence, probable conséquence d’une nuit trop courte.

Après avoir terminé ce plat plein de reliefs, je comprends une chose : le Chef du Bordeluche ose les saveurs avec une belle prose

bordeluche paris

 

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