Je me suis fait dépouiller au salon saveurs à paris

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Ce weekend je suis allé au salon saveurs à paris. Comme son nom l’indique, ce salon dédié aux particuliers réunissait toute une multitude de producteurs de province venus faire découvrir leurs produits aux parisiens. Après m’être focalisé sur les boissons alcoolisées, j’étais bien décidé à rechercher des producteurs de bouffe, de bonne bouffe. J’y suis allé plein de bonne volonté, fleur au fusil et armé de ma perche à selfy. J’étais prêt à goûter, à prendre des photos. J’avais prévu de faire un article mettant en valeur nos producteurs, l’illustrer de magnifiques images prises sur le vif… bref j’étais prêt à faire du BUZZ, du vrai !

Je fis un rapide premier tour de repérage, j’étais très enthousiaste, un vrai feu follet. Il y avait tout ce que je voulais : du fromage, de la charcuterie, des viandes, du café, du thé… Les stands étaient bien foutus, ça sentait bon le jambon de pays, le fromage de région et l’excellent saucisson. J’étais comme un enfant qui découvre Disneyland pour la première fois. J’étais satisfait des 10€ déboursés pour pouvoir pénétrer dans ce royaume du goût. Je pensais en avoir eu pour mon argent !

Les gentils producteurs se sont transformés en succubes comme dans « une nuit en enfer » !

A mon arrivée au premier stand « pays basque » tout s’est transformé en cauchemar. Le « généreux » vendeur de fromage de brebis s’est soudain transformé en boulanger prêt à tout pour me rouler dans la farine. Je ne me suis rendu compte que trop tard qu’ils avaient préparé toute une mise en scène pour dépouiller le parisien trop bon, trop con. Je voulais un simple morceau de brebis pour épater mes amis qui venaient se faire une bonne bouffe le lendemain. Le coup de bluff du marchand n’était pas sur la qualité ou le prix au Kg mais sur la quantité, en 2 tours de « passe-passe » et 3 coups de couteau je suis reparti les bras chargés de fromage et délesté de 60€.

Je vous avouerai que je suis sorti fragilisé de cette première transaction. Au premier « voulez-vous goûter notre dernier champagne ? » du brigand suivant, j’ai baissé les yeux. Au magnifique stand de truffes j’ai tourné le dos. J’avais l’impression que tous les brigands derrière leurs stands s’étaient donnés le mot et s’étaient réunis en bande organisée pour plumer le pigeon. J’ai eu un petit pincement au cœur pour la petite mamie qui se présentait au prochain « c’est à qui le tour ? ». J’avais envie de la prévenir que son portefeuille partait pour l’abattoir mais comme quelqu’un qui avait été abusé, je suis resté enfermé dans le silence de la honte.

J’ai failli me laisser abattre et rebrousser chemin après cette douloureuse expérience mais comme harangué par mon estomac en famine, j’ai décidé de continuer. Je n’avais pas envie de passer pour un lâche ou un fragile. Par contre j’avais bien compris que le foodgame n’était pas un jeu facile et qu’il fallait rapidement que je muscle mon jeu comme Robert Pires si je voulais tenir le coup. J’ai pensé à la 4ème règle d’or de Schwarzi « trust in yourself », et je suis reparti au combat. J’ai été acheteur, j’ai bossé dans le commerce et dans l’agroalimentaire pendant une paire d’années, il fallait que je crois en moi pour rapporter des victuailles à l’apéro du lendemain !

Un met d’exception : le noir de Bigorre !

Je commençais à retrouver de bonnes sensations en passant de stands en stands. Et là je suis tombé sur une merveille, le noir de Bigorre.

Cet affreux porc noir se transforme en met des Dieux, une fois découpé et séché ! En 1981, cette race de cochon était même en voie d’extinction car l’élevage de ces porcs ne répondait pas aux normes de l’élevage intensif, trop lent, trop gars, pas assez rose. Les éleveurs de porcs vous diront que le cochon est la seule viande où il y a très peu de différence de goût entre les races. Il se sont tournés pour la plupart vers des élevages plus productifs répondant aux critères de l’industrie agroalimentaire. Il ne restait dans le département des Hautes Pyrénées que 34 femelles et 2 mâles… heureusement une vingtaine de producteurs locaux ont décidé de relancer la race pure du noir de Bigorre !
Et c’est aussi grâce à nous, les amateurs de bons jambons qui sommes prêts à payer un peu plus pour des meilleurs produits que ces éleveurs ont trouvé des débouchés. Je respecte énormément les végétariens mais sans les viandards comme nous, tous les éleveurs feraient du soja et non du bétail. On a beau dire mais personne ne ferait de l’équitation sur le dos d’une vache ! Si la vache vit c’est parce qu’on la mange.
Ce jambon est juste magnifique, il fond dans la bouche et tout se mange. Même et surtout le gras qui apporte beaucoup de goût !

Je vous souhaite à tous une BonneBouffe !

One Reply to “Je me suis fait dépouiller au salon saveurs à paris”

  1. Très bon article, j’ai bien ri et on s’y croirait. « …l’élevage de ces porcs ne répondait pas aux normes de l’élevage intensif, trop lent, trop gars, pas assez ROSE. » :-p

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