Augustin : un bistronome rue Daguerre qui cuisine augustement le cochon

Augustin rue Daguerre

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Je viens découvrir un bistrot qui cuisine le cochon comme peu de restaurants en sont capables : avec excellence ! Situé dans le 14ème au 79 de la charmante rue Daguerre, ce paradis des gourmets de la viande porcine s’appelle Augustin et vous fera expérimenter de façon auguste la cuisine de bistrot. Petite mise en bouche de cette délicieuse expérience charnelle :

Une journée qui commence très très difficilement

Grâce à Augustin et son excellente cuisine, j’ai pu sauver les meubles d’une journée qui n’avait pas démarré sous les meilleurs auspices, loin de là… J’accueillais une jolie blonde du Nord qui revenait du Sud. Mon amie belge revenait de Lisbonne en passant par Malaga et avait doré ses cheveux de blé sous le soleil de la Sierra Navada. Malheureusement pour elle, cet aparté ensoleillé avait pris fin avec son arrivée à Orly : le ciel était gris et le fringuant jeune homme qu’elle s’imaginait dans ses souvenirs d’une soirée terminée dans ses bras n’était plus que l’ombre de lui-même…

Ce samedi matin-là, morne comme le RER B, j’étais venu dare-dare la chercher à sa descente d’avion, moi-même en descente, avec un mal de crâne intersidéral, une gueule de bois en chêne massif, une dégaine de dandy débraillé du genre Feu Follet. Bref je n’avais pas dormi ou si peu, emporté par une partie de poker endiablée et arrosée, commencée en début de soirée et terminée aux premières heures de la matinée. Ainsi, à peine sorti de table, le ventre vide mais les poches pleines, j’arrivais dans cet aéroport au caractère impersonnel et totalitaire, propre à tous ces lieux de transit. Et que la transition fut difficile, entre le confort douillet et intime d’un appartement décoré avec goût et la violence d’un hideux et bondé terminal d’aérogare, sans compter le trajet dans cette espèce de train déprimant que l’on nomme RER. Bref je n’en menais pas large…

Déboussolé par la foule et le capharnaüm ambiant, je cherche mon invitée, hésitant entre les terminaux Nord et Sud. Bien évidemment je choisis le mauvais. Puis, après quelques instants de flottement, enfin je la vois ! Je me plante devant elle avec un sourire hésitant. Mais dès le 1er coup d’oeil, cette belle plante aux yeux bleu acier me scanne et me plante un regard d’une sévérité qui tue dans l’œuf toute tentative de sauver les apparences : je suis grillé comme un poulet rôti dans une boucherie de Belleville. Elle a instantanément compris que je m’étais mis l’envers et qu’elle se retrouvait au mauvais moment au mauvais endroit.

Ainsi, après lui avoir avoué ma très courte nuit et fait acte de contrition, je subissais cette matinée qui avait tout l’air d’un chemin de croix et augurait d’une journée sous l’égide de la pénitence : la fatigue et mes regrets m’empêchaient de faire honneur à la beauté de mon invitée à qui j’avais promis de lui faire découvrir les charmes cachés de la ville lumière. Tel un vieux coq fatigué et déplumé, loin de chanter j’étais sombre et n’étais plus en état pour lui faire partager avec éclat ma compagnie. Bref, ce week-end romantique bégayait dès ses premiers balbutiements…

Un second souffle et les circonstances me portent vers Augustin

Heureusement, une balade dans les rues de Paris, une bière d’abbaye dans le quartier latin ainsi que le charme stimulant de mon amie me redonnent vie. Après avoir démarré cette journée d’humeur grise, je reprends enfin des couleurs.

L’esprit gai, je l’amène rue de la Gaîté pour lui faire goûter un délicieux chou farci, spécialité d’un bar aveyronnais, l’After, une excellente adresse pour débattre d’une pièce de théatre si jamais vous allez voir une comédie à Montparnasse.

Mais une fois arrivés sur les lieux, face à la maxi foule étudiante mais peu studieuse du samedi soir qui s’y agglutine attirée par les bières pressions artisanales à petits, je change mes plans et tente la rue Daguerre, plus calme, plus compatible avec ma fragile renaissance post solide java.

Justement, quelques jours auparavant, j’avais repéré dans cette bucolique rue piétonne un bistrot dont l’esthétique devanture avait attiré mon œil très visuel. Après avoir jeté un rapide coup d’œil sur internet et constaté la jolie réputation du lieu, on décide de célébrer mon retour à la vie chez Augustin. Bien nous en a pris !

Après avoir dû attendre vainement qu’une table se libère (le restaurant victime de son succès était bondé), on se rabat sur la terrasse malgré le froid mais avec la ferme envie de goûter à une cuisine que mon instinct de gourmet devine très bonne.

La carte arrive, les plats proposés sont joliment mis en écriture et attisent notre curiosité tout en aiguisant notre faim : quasi de veau fermier, carottes lardons et oignons grelots ; filet de dorade à la plancha, aubergine à la bonifacienne ; noix de St-Jacques dieppoise à la plancha, gnocchi frais aux sucs de truffes, filet de queue de boeuf , pommes grenailles persillées ; perdreau de chasse rôti en cocotte, girolles, raisins et champignons farcis ; faisan de chasse et son chou compoté au lard paysan… Bref, tout un florilège de de mets pour une mise en bouche qui vous en bouche un coin !

Finalement, je me lance pour une Côte de cochon grillée avec sa purée maison alors que partenaire craque pour une Poitrine de cochon Ibaïama et sa compotée de chou vert au lard fumé.

Et quel bonheur ! La viande, tendre, dont la cuisson parfaite laissait un doux filet de couleur rosée en son milieu, se laissait manger sans aucune once de résistance, telle une jeune promise déjà visitée se donnant à son amant.

Ainsi, ce week-end très mal entamé fut sauvé par un cochon divinement préparé…

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